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NPA 27 -  Eure

« Nuit Debout » : Repousser avril pour mieux accueillir le printemps !

7 Avril 2016 , Rédigé par NPA 27

« Nuit Debout » : Repousser avril pour mieux accueillir le printemps !

Il n’y a pas eu de 1er avril mais un 32 mars, puis un 33, un 34... Debout, tout devient possible ! Et d’abord étirer le temps, prolonger mars. Pas pour abolir avril mais le repousser pour se donner le temps de faire germer les promesses. Pour mieux accueillir le printemps. Ce Mai qui vient.

Ce qui germe à République est en effet une promesse. Une promesse que le vieux monde pourrait s’écrouler et le nouveau apparaître.

Du vieux au neuf

Le vieux ? C’est la logique du Capital, celle de l’état d’urgence, qui vise à interdire l’espace public, le surveiller, le contrôler. Le fermer, physiquement et idéologiquement, comme les frontières autour de la forteresse Europe, autour de l’idée nationale. Comme les lieux de travail le seront un peu plus avec la loi El Khomri. Comme les universités fermées pendant le mouvement. Comme les lycées contrôlés par les flics. Soumettre l’espace public à la domination de l’État, des patrons, nous précariser, nous atomiser, nous empêcher d’être ensemble, de confronter nos expériences et nos idées. Nous laisser isolés dans l’espace privé, devant la télé et le flux ininterrompu des idées dominantes.

Le nouveau c’est l’appropriation collective des rues par les manifestations, le contrôle collectif des places comme une promesse d’occupation des lieux de travail, des universités, des quartiers. La volonté que le pouvoir soit pris, pratiquement, par la majorité.

Voilà « Nuit Debout » : à Paris la place de la République est devenue lieu de forums et de débats et lieu d’organisation. Une recherche de démocratie véritable. Où ce qui fait consensus, c’est le refus global du capitalisme et ce qui est débattu est la démocratie, le rôle du travail, le lien entre les luttes, la non-violence et la violence... C’est long parfois, chaotique toujours. Mais le mouvement se cherche et apprend. Dans la jubilation souvent.

Enfin à la surface

La promesse ne germe pas de rien. Elle cristallise ce qui se préparait mais qui était invisible, souterrain et jaillit soudain à la surface. Les multiples grèves depuis un an, isolées et fragmentées. Ce que disaient les ZAD, Sivens, Notre-Dame-des-Landes. Les campements de migrantEs et la solidarité. Et puis, la colère à Air France, la solidarité autour des Goodyear, le succès des projections du film Merci patron !, l’audience d’un Frédéric Lordon.

Celui-ci écrit que « la seule chose dont nous pouvons être sûrs, c’est qu’aucune alternative réelle ne peut naître du jeu ordinaire des institutions de la 5e République et des organisations qui y flottent entre deux eaux le ventre à l’air. Cet ordre finissant, il va falloir lui passer sur le corps. Comme l’ont abondamment montré tous les mouvements de place et d’occupation, la réappropriation politique et les parlementarismes actuels sont dans un rapport d’antinomie radicale : la première n’a de chance que par la déposition des seconds »...

Une promesse à écrire

Il a suffit d’une initiative pour cristalliser ce qui était sous-jacent. Ce dimanche 34 mars, entre 240 000 et 380 000 personnes ont suivi en direct sur internet ce qui se passait place de la République...

Bien sûr, ce n’est qu’une promesse. L’avenir est loin d’être écrit. Le pouvoir est encore là et rien n’a encore vraiment changé. Mais il y a quelque chose de profond qui a commencé à se jouer. Dimanche soir les initiateurs ont décidé de lever le camp trop fragile la nuit et appelé à revenir place de la République pour des temps forts, donnant rendez-vous mardi et samedi soir. Après les manifs du mardi.

Mais dès lundi à 18h30, des centaines ont participé à une manif’action contre la venue de Valls juste à côté de la place, aux cris de « Nuit debout, Valls à genoux ! » à 20h, plus de mille personnes se sont réunies en AG, accueillant avec enthousiasme une délégation de la Confédération paysanne venue soutenir le mouvement. à 22h, 200 intermittents et précaires sont arrivés en manif après leur AG. Et peu avant minuit, 100 réfugiés sont venus, salués par « De l’air, de l’air, ouvrez les frontières ! ».

Une chance pour le mouvement

Ce qui a rendu possible cette cristallisation, c’est le mouvement contre la loi travail, les journées de grèves et manifestations, la mobilisation de la jeunesse. En retour, ce qu’apportent les occupations de place à ce mouvement, c’est un sens, une remise en cause de toute la logique du système, une possibilité de convergence des fronts de lutte. Cette alchimie ne pourra durer et se développer sans que s’articulent ce mouvement des places et l’implantation de la lutte dans chaque lieu de travail, dans chaque fac et lycée, dans chaque quartier. Parce que la constitution d’un nouveau monde ne s’écrit pas à des milliers mais à des millions. Et pas seulement en parlant mais aussi en attaquant concrètement les citadelles du pouvoir. En remportant des victoires comme le retrait de la loi travail.

Alors, rien n’est joué d’avance. Mais ce mouvement est une chance. Une nécessité aussi. Parce que les monstres, ces figures du Capital que sont l’État policier, le nationalisme ou le fascisme, ne sont pas tapis dans l’ombre. Ils sont là et bien là. Alors il faut y aller à fond pour faire germer les promesses. Pour qu’avril amène mai. Avec le printemps.

Denis Godard

Il n’y a pas eu de 1er avril mais un 32 mars, puis un 33, un 34... Debout, tout devient possible ! Et d’abord étirer le temps, prolonger mars. Pas pour abolir avril mais le repousser pour se donner le temps de faire germer les promesses. Pour mieux accueillir le printemps. Ce Mai qui vient.

Ce qui germe à République est en effet une promesse. Une promesse que le vieux monde pourrait s’écrouler et le nouveau apparaître.

Du vieux au neuf

Le vieux ? C’est la logique du Capital, celle de l’état d’urgence, qui vise à interdire l’espace public, le surveiller, le contrôler. Le fermer, physiquement et idéologiquement, comme les frontières autour de la forteresse Europe, autour de l’idée nationale. Comme les lieux de travail le seront un peu plus avec la loi El Khomri. Comme les universités fermées pendant le mouvement. Comme les lycées contrôlés par les flics. Soumettre l’espace public à la domination de l’État, des patrons, nous précariser, nous atomiser, nous empêcher d’être ensemble, de confronter nos expériences et nos idées. Nous laisser isolés dans l’espace privé, devant la télé et le flux ininterrompu des idées dominantes.

Le nouveau c’est l’appropriation collective des rues par les manifestations, le contrôle collectif des places comme une promesse d’occupation des lieux de travail, des universités, des quartiers. La volonté que le pouvoir soit pris, pratiquement, par la majorité.

Voilà « Nuit Debout » : à Paris la place de la République est devenue lieu de forums et de débats et lieu d’organisation. Une recherche de démocratie véritable. Où ce qui fait consensus, c’est le refus global du capitalisme et ce qui est débattu est la démocratie, le rôle du travail, le lien entre les luttes, la non-violence et la violence... C’est long parfois, chaotique toujours. Mais le mouvement se cherche et apprend. Dans la jubilation souvent.

Enfin à la surface

La promesse ne germe pas de rien. Elle cristallise ce qui se préparait mais qui était invisible, souterrain et jaillit soudain à la surface. Les multiples grèves depuis un an, isolées et fragmentées. Ce que disaient les ZAD, Sivens, Notre-Dame-des-Landes. Les campements de migrantEs et la solidarité. Et puis, la colère à Air France, la solidarité autour des Goodyear, le succès des projections du film Merci patron !, l’audience d’un Frédéric Lordon.

Celui-ci écrit que « la seule chose dont nous pouvons être sûrs, c’est qu’aucune alternative réelle ne peut naître du jeu ordinaire des institutions de la 5e République et des organisations qui y flottent entre deux eaux le ventre à l’air. Cet ordre finissant, il va falloir lui passer sur le corps. Comme l’ont abondamment montré tous les mouvements de place et d’occupation, la réappropriation politique et les parlementarismes actuels sont dans un rapport d’antinomie radicale : la première n’a de chance que par la déposition des seconds »...

Une promesse à écrire

Il a suffit d’une initiative pour cristalliser ce qui était sous-jacent. Ce dimanche 34 mars, entre 240 000 et 380 000 personnes ont suivi en direct sur internet ce qui se passait place de la République...

Bien sûr, ce n’est qu’une promesse. L’avenir est loin d’être écrit. Le pouvoir est encore là et rien n’a encore vraiment changé. Mais il y a quelque chose de profond qui a commencé à se jouer. Dimanche soir les initiateurs ont décidé de lever le camp trop fragile la nuit et appelé à revenir place de la République pour des temps forts, donnant rendez-vous mardi et samedi soir. Après les manifs du mardi.

Mais dès lundi à 18h30, des centaines ont participé à une manif’action contre la venue de Valls juste à côté de la place, aux cris de « Nuit debout, Valls à genoux ! » à 20h, plus de mille personnes se sont réunies en AG, accueillant avec enthousiasme une délégation de la Confédération paysanne venue soutenir le mouvement. à 22h, 200 intermittents et précaires sont arrivés en manif après leur AG. Et peu avant minuit, 100 réfugiés sont venus, salués par « De l’air, de l’air, ouvrez les frontières ! ».

Une chance pour le mouvement

Ce qui a rendu possible cette cristallisation, c’est le mouvement contre la loi travail, les journées de grèves et manifestations, la mobilisation de la jeunesse. En retour, ce qu’apportent les occupations de place à ce mouvement, c’est un sens, une remise en cause de toute la logique du système, une possibilité de convergence des fronts de lutte. Cette alchimie ne pourra durer et se développer sans que s’articulent ce mouvement des places et l’implantation de la lutte dans chaque lieu de travail, dans chaque fac et lycée, dans chaque quartier. Parce que la constitution d’un nouveau monde ne s’écrit pas à des milliers mais à des millions. Et pas seulement en parlant mais aussi en attaquant concrètement les citadelles du pouvoir. En remportant des victoires comme le retrait de la loi travail.

Alors, rien n’est joué d’avance. Mais ce mouvement est une chance. Une nécessité aussi. Parce que les monstres, ces figures du Capital que sont l’État policier, le nationalisme ou le fascisme, ne sont pas tapis dans l’ombre. Ils sont là et bien là. Alors il faut y aller à fond pour faire germer les promesses. Pour qu’avril amène mai. Avec le printemps.

Denis Godard

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