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NPA 27 -  Eure

PROVOCATION A REPUBLIQUE DIMANCHE : TEMOIGNAGE DE 4 MANIFESTANT-E-S DE L'EURE

1 Décembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #REPRESSION

Nous sommes arrivés à 12h30 et la chaîne humaine prévue entre 12h et 13h était déjà terminée. Beaucoup de monde place de la République. Nous y sommes restés peu de temps car nous avons rejoint le NPA qui était place Voltaire (un bon kilomètre à pied, sur les trottoirs bondés). A 13h30 le NPA, dont le service d'ordre a parfaitement bien géré la situation, est reparti vers la place de la République, en marchant sur les trottoirs. Quelques arrêts pour permettre à d'autres de nous rejoindre. Aucun drapeau, aucun badge (nous étions les seuls, tous les 4 avec affichettes épinglées et autocollants). Puis, subitement, badges, banderoles, drapeaux, mégaphone sont apparus et nous avons occupé la rue. D'autres sont venus avec nous (des gens d’Alternative Libertaire et d'Ensemble!). Nous avons crié nos slogans en tapant dans les mains, accompagnés par un groupe de tambours qui nous précédait, ce qui donnait un aspect très dynamique. Il y a eu des arrêts, puis à l'approche de la place de la République (200m environ) nous avons été bloqués, la rue étant barrée par des CRS. Après avoir parlementé, nous avons été autorisés à continuer à avancer sur le trottoir. On a pu rejoindre la place en criant nos slogans. Les gens regardaient, prenaient des photos, faisaient des films... Nous avons commencé à faire le tour de la place. De nombreux manifestants nous ont rejoints.
Tous les axes qui arrivaient à la place étaient bouchés par les CRS
(de vrais ninjas) harnachés, casqués, avec matraque et bouclier, des fourgons partout.
Avant d'avoir pu faire le tour nous avons dû stopper. Brutalement ça s'est mis à chauffer juste devant nous : des jets d’objets,  des gaz lacrymogènes tout de suite. La gorge, le nez qui piquent, les yeux qui coulent. Des cris, des gaz, des jets, des détonations (il paraît que c'était des pétards mais ça faisait un bruit énorme). On sentait la tension monter. Venant de la place, une vingtaine de personnes au visage masqué avançaient vers les CRS en jetant des projectiles ; les CRS les ont chargés.
Le NPA est resté proche du lieu des échauffourées, criant pour revendiquer le droit de manifester...
Au bout d'un moment, ne pouvant plus avancer, nous avons fait demi-tour et sommes repartis en manif autour de la place, mais arrivés à un des coins, un officier  des CRS avec une écharpe tricolore (première fois qu'on voit ça) a gueulé au mégaphone "dernière sommation avant la charge, dégagez !". On s'est écarté, comme d'autres, et une fois sur les côtés, on s'est demandé quoi faire. Notre train partant une heure après, on a décidé de partir. Franchement, on était stressé, inquiet, comment tout ça allait finir ? Les entrées de métro étant condamnées, on a marché un moment jusqu'à en trouver une ouverte. On a eu le train prévu à 15h30.

Nous nous sentons mal d'être rentrés avant la dissolution, d'avoir laissé nos camarades parisiens dans le cortège  sur place, beaucoup ont été arrêtés de ce simple fait, mais nous étions parti-e-s à quatre et on voulait rester ensemble et décider ensemble.

341 interpellations qui se sont soldées par 317 gardes à vue (chiffres de l'AFP), pour 20 ou 30 individus en cause, ça fait beaucoup. Ça traduit la volonté de museler les opposants à l’injustice climatique. Ces manifestations, ce mécontentement, ça la fout mal devant tous ces chefs d'Etat. Alors on doit continuer, et retourner à Paris pour la manifestation nationale du samedi 12 décembre !

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