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NPA 27 -  Eure

A propos de la manif à Charleval contre l'accueil des migrants (Paris Normandie 3-10-2015)

6 Octobre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Comité NPA VAL d'ANDELLE, #International, #Antiracisme

A Charleval, il y a eu longtemps l'une des plus grosses usines du département, fabrique de joints de caoutchouc pour l'industrie automobile. Au fil des ans et des changements de nom, elle a connu plan de licenciement sur dégraissage,au point de ne plus être que l'ombre d'elle-même. Une usine où des milliers d'ouvriers et d'ouvrières de toutes origines ont fait l'expérience de la lutte efficace et de la solidarité, mais où cette capacité collective de riposte a peu à peu été laminée. Triste bilan des directions syndicales nationales, qui ont laissé tant d'équipes syndicales se débrouiller désemparées le dos au mur. Condamnation sans appel des gouvernements de droite dure ou de gauche molle, des libéraux de tout l'éventail sarkozo-hollandien, qui ont organisé chômage et précarité de masse, au point que la jeunesse fait des études qui ne mènent à rien. Le résultat, sur cette terre historiquement "rouge": montée des peurs et des égoïsmes, repli sur une identité locale et nationale, rejet de "l'autre" (voir la photo ci-dessous), et ce sont les ennemis les plus déterminés de la lutte solidaire de celles et ceux d'en bas qui ramassent la mise (une si jolie banderole n'est certainement pas arrivée par hasard)...
Dans un contexte dégradé dont cet événement témoigne, la solidarité, c’est-à-dire pour nous le combat pour l’ouverture des frontières et la liberté de circulation et d’installation, reste la seule réponse à la hauteur des enjeux. C'est aussi le seul antidote contre le poison raciste et xénophobe. Ce combat n'est cohérent que s’il s’accompagne d’une lutte contre les fauteurs des guerres, des crises et du chômage, autour d’un programme d’urgence social : un emploi et un salaire pour tou-te-s, l'interdiction des licenciements, la réquisition des logements vides, l'expropriation des grands groupes et des milliardaires. Voilà certes des objectifs ambitieux et difficiles à atteindre. Il est évidemment plus facile de tenter d'empêcher quelques victimes d'un ordre international injuste de trouver où se poser !

 

Mobilisation. Un rassemblement a eu lieu hier à Charleval, près de Fleury-sur-Andelle, pour protester contre le souhait de la municipalité d’accueillir des réfugiés (Paris Normandie 3-10-2015).

 

À peine une centaine de personnes ont manifesté hier matin, dans le calme, à Charleval, pour protester contre l’accueil d’une famille de réfugiés, dans le village. Une décision entérinée par le conseil municipal, conduit par le maire socialiste Denis Lebaillif, une semaine plus tôt. En tête des manifestants, le représentant du Front national sur le canton de Romilly-sur-Andelle, Alain Berthelot, dont le parti soutient la manifestation.

« C’est un test »

« Je parle en mon nom. Il s’agit d’un mouvement populaire de contestation. Nous protestons contre la décision de la commune d’accueillir des migrants alors que de nombreuses familles d’ici sont dans le besoin, cherchent un logement, du travail, etc.. Notre mouvement est un mouvement de contestation. C’est un test, nous verrons plus tard si nous sommes suivis... », a expliqué le co-organisateur du rassemblement, un peu déçu par la mobilisation. Christophe Delacour, conseiller municipal FN des Andelys, s’est joint aux manifestants qui ont déployé une banderole sur laquelle il était écrit « Les nôtres avant les autres » et ont scandé « Ici on est chez nous ». Des drapeaux tricolores et normands ont également été sortis. Les manifestants ont repris la Marseillaise avant de se disperser dans le calme, vers 10 h 45. Les gendarmes, présents, n’ont pas eu besoin d’intervenir.

Denis Lebaillif a réagi dès l’annonce de la manifestation, en publiant un tract dans lequel il écrit : « Nous comprenons les inquiétudes que peut faire naître cet accueil chez nos concitoyens et notamment les plus démunis. Nous nous engageons à ce que cet accueil n’ait aucun impact sur le budget communal et sur les aides pouvant être allouées à des Charlevilais en difficulté. »

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