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NPA 27 -  Eure

UNE PREUVE DE PLUS QU'IL FAUT INTERDIRE LES LICENCIEMENTS !

22 Août 2015 , Rédigé par NPA 27

UNE PREUVE DE PLUS QU'IL FAUT INTERDIRE LES LICENCIEMENTS !

Continental: la justice donne raison aux salariés protégés

Publié le 03/08/2015par "Le Courrier Picard"

Le Conseil d’État a annulé, vendredi, le licenciement de Xavier Mathieu (CGT) et Albano Abreu (CFTC). Des décisions capitales pour le recours devant le conseil des prud’hommes.

Vendredi dernier, le Conseil d’État a rendu deux décisions définitives sur le sort des salariés protégés Xavier Mathieu (CGT) et Albano Abreu (CFTC). La justice a tranché : l’argument de difficultés économiques, soulevé par les dirigeants de Continental dans le but de fermer l’usine de pneus de Clairoix, ne tient pas. Une vingtaine d’autres salariés protégés de divers syndicats attendent à leur tour la décision du Conseil d’État les concernant.

L’annulation d’un licenciement laisse deux choix aux salariés protégés : la réintégration ou la demande d’indemnités supplémentaires pour licenciement abusif. La réintégration était proposée à l’usine de Sarreguemines (Moselle). Xavier Mathieu remarque : « On ne peut pas les obliger à rouvrir l’usine de Clairoix… »

Antonio Da Costa, leader de la CFTC à Continental, a déjà saisi le conseil des prud’hommes de Compiègne pour licenciement abusif. Mais pour que cela aboutisse, le syndicat a besoin de toutes les décisions du Conseil d’État concernant ses troupes. Antonio Da Costa attend donc avec impatience de connaître son sort et celui des autres délégués CFTC. À la différence des salariés non-protégés, les représentants du personnel ne peuvent pas contester le licenciement directement devant le conseil des prud’hommes ; le passage par la case administrative est obligatoire. En entamant la procédure judiciaire avant la fin de la procédure administrative, le syndicat a pris un risque : celui de voir tomber à l’eau l’action prud’homale. Un choix totalement assumé par Antonio Da Costa : « On a pris le risque en connaissance de cause, il devrait être gagnant. »

« Encore un suicide cette semaine »

Sur le fond, Xavier Mathieu constate que « c’est la troisième fois que la justice dit que Continental était dans l’illégalité ». Quand on lui demande s’il est content de cette décision, le charismatique délégué syndical CGT répond avec sa verve habituelle : « Content ? Oui et non. Ça laisse un goût amer. C’est une victoire d’orgueil, de dignité, mais pas une victoire sociale. » Il ajoute : « Je suis quand même heureux de ne pas avoir lâché. Mais socialement, c’est une catastrophe et ça le restera. »

Sur les 1 120 personnes licenciées, un grand nombre est encore en grande difficulté : « Il y a encore 500 personnes sur le carreau. Il y en a même certaines qui se suicident », alerte Xavier Mathieu.

Antonio Da Costa constate le même gâchis social : « Il y a encore eu un suicide cette semaine. Un salarié qui au départ ne voulait pas entamer d’action judiciaire. Il était venu chez moi pour me dire qu’il avait changé d’avis. Nous avions travaillé son dossier ensemble… »

Le syndicaliste, qui est l’un des 17 délégués CFTC de Continental, dénonce un « désastre énorme » : « plus de dix suicides, trois cents divorces… Ces licenciements ont conduit à des situations dramatiques. »

Jointe vendredi soir, la direction de Continental n’avait pas encore pris connaissance des décisions du Conseil d’État. Leur réaction est attendue dans les prochains jours.

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