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NPA 27 -  Eure

A propos de la crise des éleveurs (communiqués de la FNAB et de la confédération paysanne)

23 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #AGRICULTURE, #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #COMMUNIQUES

Communiqué de la FNAB (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique)

"Crise agricole, les producteurs bio organisés appellent un changement de système agro-alimentaire "

Depuis plusieurs jours maintenant, les éleveurs manifestent pour la survie de leurs exploitations pris en tenaille entre des charges importantes de production et des prix en dessous des coûts de production. Les producteurs de la FNAB se sentent solidaires des éleveurs en difficulté mais appellent un changement profond de système agro-alimentaire pour un nouveau projet de société.
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Pour une rénovation profonde du projet agricole national
Il faut choisir entre une vocation exportatrice et productiviste de matières premières, toujours en retard d’une « compétitivité » avec des pays moins disant économiquement, socialement et environnementalement et un projet alimentaire pour les territoires, basé sur des produits accessibles et de qualité.
Les aides publiques doivent soutenir la réorientation des exploitations et des filières vers cet objectif de souveraineté alimentaire nationale. L’enjeu de l’évolution des systèmes de production est ici décisif pour que les éleveurs trouvent une nouvelle autonomie en diminuant leur dépendance aux intrants (achat soja, engrais) et à des systèmes économiques intégrés.
Pour des filières agro-alimentaires équitables et solidaires
L’émergence des filières bio en France s’est faite directement par les acteurs, producteurs, transformateurs et consommateurs qui ont inventé ou systématisé de nouveaux systèmes de commercialisation et de distribution. Cette structuration originale doit se poursuivre pour la pérennité de toutes les filières bio.
Il est urgent d’innover et d’expérimenter, dans des projets alimentaires territoriaux, entre les producteurs, les autres acteurs économiques, les élus, les consom’acteurs pour un partage équitable de la valeur ajoutée. Cette « nouvelle économie » agro-alimentaire suppose ainsi de nouveaux rapports sociaux entre les acteurs, y compris la grande distribution qui peut, parfois, contractualiser sur ces bases en soutenant les filières d’élevage (viande, lait…). Elle permet déjà à des fermes moyennes de bien vivre de leurs productions.
Les solutions existent. Elles méritent d’être examinées dans un débat national qui aille au-delà des seuls acteurs agricoles. Que voulons-nous pour l’alimentation et les territoires ruraux dans notre pays ? Un débat qui devra être au cœur des futures élections régionales.

 

Communiqué de la Confédération paysanne:

Plan d'urgence pour l'élevage :

De l'essence dans le moteur mais un plan en panne de solutions durables

 

Ce plan de soutien aux éleveurs surendettés, notamment les jeunes, est certes nécessaire à court terme, cependant il ne doit pas servir à maintenir un système à bout de souffle et passer sous silence que tous les éleveurs sont aujourd'hui en crise, concernés par la baisse généralisée des prix.

Pour résoudre durablement cette crise, il faut stopper net cette politique de libéralisation délibérée qui a poussé au surendettement et met aujourd'hui en péril des dizaines de milliers d’éleveurs. On continue à favoriser la saturation des outils de production des entreprises agroalimentaires au détriment des éleveurs et des territoires.

Par ailleurs, il est illusoire de réactiver le mirage de l’export, dont les aléas (embargo russe, contraction des débouchés chinois) sont en grande partie responsables de la crise actuelle. Cela devient carrément cynique quand Manuel Valls envisage de profiter de la faiblesse actuelle des grecs pour conquérir leurs marchés agricoles.

Et que dire enfin du silence sur les accords de libre-échange en cours de négociations avec les États-Unis et le Canada. Aucun avenir pour les paysans européens face aux méga fermes-usines nord-américaines !

Le bon sens économique et paysan appelle à s’attaquer aux causes profondes de ces crises récurrentes, notamment par la maîtrise des volumes au niveau européen et la réorientation des politiques agricoles vers un autre modèle.

Ces aides seront donc à fonds perdus, comme la Cour des comptes en fait état dans son rapport, et ne serviront qu’à financer la restructuration et le plan de licenciement de l'agriculture à taille humaine mis en place par les industries agro-alimentaires.

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