Des manifestants démontent leurs tentes sur la Puerta del sol à Madrid, le 12 juin 2011

Les manifestants -300 selon la police- s'en sont pris à plusieurs banques sur leur passage, taguant les vitrines et apposant du scotch sur les distributeurs. Arrivés en fin d'après-midi devant la Banque de France, quelques-uns ont accroché une pancarte proclamant "Mort aux banques" tandis que d'autres scandaient "Culpable" (Coupable").

"Nous sommes un mouvement pacifique, citoyen, qui a envie de faire bouger les choses. On s'adresse au peuple et on lui demande de se réveiller", explique Pierre-Yves, 29 ans, qui a participé à l'organisation de la journée.

Le cortège est parti vers 16h00, derrière une banderole indiquant en espagnol: "Marcha popular a Bruxelas" ("Marche populaire vers Bruxelles"). Il réunit plusieurs groupes d'"indignés" européens, dont de nombreux Espagnols, venus parfois à pied, et qui doivent rejoindre Bruxelles pour une journée d'action le 15 octobre.

"On demande la paix, la paix économique et morale", déclare Rafael, 39 ans, la barbe naissante et le pied droit meurtri par le voyage. A la tête d'une entreprise de peinture, il dit avoir dû licencier ses vingt salariés à cause de la crise économique et se retrouver lui aussi au chômage.

"J'ai décidé de porter à Bruxelles les voix de tous les gens victimes de la crise", explique-t-il.

Scandant "Paris, debout, soulève-toi" ou encore "Petit à petit nous marchons vers Bruxelles", les manifestants devaient rejoindre la place de la Bastille samedi soir pour une assemblée populaire.

A leur arrivée Place de la Bastille, vers 21H, un important dispositif policier contenait les manifestants sur un trottoir devant l'Opéra, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une manifestante, Marie-Ange a déclaré par téléphone à l'AFP que la manifestation avait été "très mouvementée" place de la Bastille, tandis que "ça s'était bien déroulé jusqu'à présent".

Selon la préfecture de police, jointe en début de soirée, il n'y a eu ni confrontation avec les manifestants, ni interpellation.

La mobilisation parisienne des "indignés" a débuté le 19 mai, faisant écho au mouvement de contestation spontané né le 15 mai à la Puerta del Sol à Madrid, les jeunes Espagnols exprimant leur ras-le-bol face à la crise économique et au chômage qui touche près de la moitié des moins de 25 ans.