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Le point sur les Comités d'initiative pour le NPA dans l'Eure.

Conférence de presse du Comité NPA d'Evreux : la Dépêche.

Une date à retenir :

Vendredi 10 octobre, 20H
grande salle du ZENITH à Evreux

Meeting avec Olivier Besancenot

Organisé par les Comités NPA de l’Eure et la LCR-27 



Jeudi 8 mars 2007
Communiqué de la Ligue communiste révolutionnaire
Vive la journée internationale des luttes des femmes!

Le 8 mars est une journée importante dans les luttes des femmes. Elle est là pour nous rappeler les victoires, mais aussi l’urgence de notre combat et poursuivre nos luttes. Dans toutes les régions, dans tous les pays, de multiples initiatives sont menées. Le 8 mars 2007 se situe dans la période des élections présidentielles, puis législatives… C’est l’occasion idéale pour rappeler que les revendications concernant les droits des femmes doivent trouver toute leur place, celle de droits fondamentaux sans lesquels aucune société ne peut être considérée comme juste et égalitaire.La LCR, signataire de l'appel sera présente à la manifestation, aujourd’hui 8 mars, et portera également ces revendications:

• la lutte contre les violences envers les femmes avec l'adoption de la loi cadre proposée par le CNDF ;
 
• Un emploi stable et à plein temps pour celles qui le souhaitent et pour l'égalité des salaires entre les femmes et les hommes ;
 
• Le droit à un logement décent avec un loyer accessible, l'application de la loi de réquisition ;
 
• un service public gratuit de la petite enfance;
 
• Le remboursement par la Sécurité Sociale de tous les moyens de contraception;
 
• Le droit à l’avortement, l’application de la loi de 2001 et la suppression du plan "hôpital 2007";
 
• La liberté de choisir sa sexualité ;
 
• Un statut d’autonomie pour les femmes migrantes et le droit d’asile pour les femmes persécutées dans leurs pays en raison du seul fait d’être femme;
 
• La défense de la laÏcité, contre l'ingérence du religieux dans le politique, contre tous les intégrismes religieux ;
 
• La solidarité avec les femmes du monde entier ;
 
• le règlement pacifique des conflits, la reconnaissance du rôle des femmes dans les processus de paix; La lutte continue car toutes ces revendications ne toujours pas satisfaites.
 
 Le 8 mars 2007.
par LCR
publié dans : DROITS DES FEMMES

Mercredi 15 novembre 2006

Le 25 novembre contre

les discriminations, le sexisme, les violences...

L’égalité reste à gagner !

L

 e 25 novembre prochain se tiendra la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Pour la sixième année consécutive, ce sera l’occasion de dénoncer l’enfer subi par de nombreuses femmes partout dans le monde. Selon l’UNIFEM (ONU), une femme sur trois dans le monde a été battue ou violée au moins une fois dans sa vie. L’ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France) chiffre à au moins 48000 le nombre de femmes violées en un an.

130 millions de femmes ont subi une mutilation génitale (excision). 4 millions de femmes et de fillettes sont vendues chaque année  pour le mariage, la prostitution ou l’esclavage. Des milliers de femmes sont victimes de crimes d’ « honneur », brûlées vives, défigurées au vitriol, pour désobéissance à leur mari ou conduite jugée « indécente ».

Le rapport 2006 de l’Observatoire national de la délinquance estime qu’en France une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint et une femme sur dix est victime chaque année de violences conjugales non-mortelles.

Une oppression omniprésente

Ces statistiques révoltantes éclairent la situation faite aux femmes dans notre société et n’en sont que le prolongement. Car si l’oppression des femmes existe depuis des millénaires, elle perdure avec le capitalisme et constitue un des piliers de l’ordre social actuel. Cette oppression est présente dans tous les domaines de la vie.

 - A l’école : le fossé entre hommes et femmes persiste dans le monde du point de vue de l’accès à l’éducation : les filles représentent 60 % des enfants non-scolarisés et 2/3 des 875 millions de cas d’analphabétisme concernent les femmes. 

  - Au travail : les femmes (qui ont dû attendre 1965 pour pouvoir occuper un emploi sans l’autorisation préalable de leur mari !) gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes. 85 % des salariés à temps partiel (imposé) sont des femmes et elles sont les premières à subir le chômage et le travail précaire.

- A la maison : la plupart des femmes sont victimes de la « double journée ». Elles continuent d’assurer 80 % des tâches domestiques.

- Dans la vie publique : ce n’est qu’en 1944 que les femmes obtiennent le droit de vote. Encore aujourd’hui la sous-représentation des femmes dans la vie politique reste caricaturale : 12,3 % à l’Assemblée nationale malgré les lois sur la parité !

- Dans les consciences : sexisme et misogynie envahissent la publicité. Le corps des femmes devient une vulgaire marchandise au service d’un produit. Souvent, il est lui-même un produit exploité par l’industrie du sexe (par exemple le bordel géant installé en face du stade de football à Berlin pendant la Coupe du monde). Et les stéréotypes sexuels perdurent jusque dans les manuels scolaires. Le message sert à légitimer la soumission des femmes et à l’inscrire dans un ordre « naturel ».

De nouvelles attaques

Dans de nombreux pays, l’essor des mouvements religieux intégristes entraîne des attaques contre les droits des femmes obtenus de haute lutte et notamment le droit à la contraception et à l’avortement.

C’est le cas aujourd’hui en Pologne avec un projet de loi qui vise à rendre illégal l’avortement alors que la législation actuelle est déjà très restrictive, obligeant des milliers de femmes à subir une IVG (interruption volontaire de grossesse) clandestine. En Irlande, au Portugal, l’avortement reste interdit. Au Dakota du Sud (Etats-Unis), l’IVG est à nouveau un crime depuis mars 2006 même en cas d’inceste ou de viol.

En finir avec l’oppression des femmes, construire des rapports sociaux respectueux, dignes, et tout simplement humains, implique de libérer la société toute entière de l’ordre patriarcal et capitaliste. Ce combat est celui de tout le monde, femmes comme hommes.

« Le degré d’émancipation de la société se mesure au degré d’émancipation des femmes », écrivait déjà Charles Fourier au milieu du 19ème siècle. Une phrase qui garde toute son actualité aujourd’hui.

par LCR-27
publié dans : DROITS DES FEMMES

Lundi 29 mai 2006

COUPE DU MONDE DE FOOTBALL

article paru dans "Rouge" hebo de la LCR


Le corps des femmes n’est pas une marchandise


Ayant légalisé l’industrie du sexe depuis 2002, l’Allemagne se permet d’organiser ouvertement la prostitution lors de la Coupe du monde de football, qui commence le 9 9 juin. L’accaparement des corps, leur transformation en marchandise et leur consommation sont une violation des droits humains.

Certaines prostituées - un très petit nombre - revendiquent haut et fort qu’elles ont « choisi » ce qu’elles considèrent comme leur métier. Elles ne sont pas soumises à des proxénètes et sont moins démunies que l’immense majorité des prostituées. Elles se proclament souvent « féministes », militent pour la réglementation de leur « profession » et assurent parfois qu’elles trouvent dans l’exercice de la prostitution, ou dans les métiers de la pornographie, leur libération sexuelle. Ces prostituées se disent indépendantes et affirment qu’elles sont les « patronnes » face à leurs clients. Mais, même s’il n’y avait pas de proxénètes, même s’il n’y avait pas de traite, d’esclavage, c’est la société qui est complice de cet état de fait, qui l’organise - comme lors des Jeux olympiques d’Athènes et, aujourd’hui, en Allemagne avec le Mondial - et qui s’en enrichit. Ce triple rapport client-prostitué(e)-organisation sociale constitue le rapport prostitutionnel. Ce qui est ainsi mis en circulation, en vente, c’est le corps, c’est la sexualité des femmes.

La marchandisation du corps des femmes bat son plein dans notre société néolibérale. La mondialisation contribue à ce système en facilitant les transferts d’un bout du monde à l’autre, le blanchiment de l’argent, en faussant le rapport au corps et en chosifiant la personne humaine. La Camerounaise Amély-James Koh Bela, présidente de l’association Africa Prostitution, à Paris, spécialiste de la prostitution africaine en Europe, centralise quotidiennement de nombreuses informations sur les réseaux et les pratiques de la traite des Noires, en Afrique et en Europe. Selon ses sources, de nombreuses prostituées africaines, attirées par la prochaine Coupe du monde de football (9 juin-9 juillet), seraient déjà en Allemagne, et d’autres devraient les rejoindre. Les prostituées vont venir du Cameroun et du Nigeria - les deux pays qui envoient le plus de prostituées en Europe -, mais aussi du Liberia, du Ghana, de la Côte-d’Ivoire, du Congo, du Bénin et du Sénégal. Au Cameroun, cela fait déjà plusieurs semaines qu’une rumeur court à Douala : on dit aux prostituées que la Coupe du monde est une aubaine pour elles. On leur fait miroiter de l’argent facile et du travail à gogo. Comme l’Allemagne a légalisé la prostitution, elles pensent qu’elles pourront rester et demander des papiers. À chaque grand événement sportif, on parle de la recrudescence de la prostitution.

Mais le problème a réellement pris de l’ampleur avec les Jeux olympiques d’Athènes. La prostitution des Camerounaises en Grèce avait quadruplé en moins d’un an. Les filles qui sont parties à Athènes auraient envoyé des messages à leurs copines restées au pays pour les encourager à venir. Il y a eu un vrai « effet JO », car la majorité des Africaines parties là-bas ne sont pas revenues. Du coup, au Cameroun, il y a de plus en plus de candidates au départ qui se disent qu’elles vont faire la même chose en Allemagne. Les prostituées africaines de France et d’Europe seront aussi du voyage. Même si les trafiquants ont envoyé leurs hommes de main recruter à travers l’Afrique, il est plus facile de faire passer de façon clandestine les femmes qui sont déjà en Europe. À Paris, les « mamas » (les proxénètes) se seraient regroupées pour louer des chambres en Allemagne. Elles voudraient éviter un mouvement trop visible et feraient partir les femmes par petits groupes. C’est aussi une façon de réserver les meilleures chambres, dans des hôtels près des stades. Beaucoup sont déjà sur place, notamment à Hambourg, grâce aux faux mariages et aux fausses familles. Il faut agir pour que le Mondial ne fasse pas la promotion publique de la traite et de la prostitution des femmes.

Sophie Berjou

par LCR
publié dans : DROITS DES FEMMES

Mardi 7 mars 2006

Un 8 mars de lutte pour le droit à l’emploi des femmes

Alors que les femmes sont plus souvent précaires et chômeuses que les hommes, le CNE et le CPE vont accentuer davantage les inégalités. Inégalités qui touchent aussi les salaires et les emplois occupés. Malgré les beaux discours et les lois votées, peu de choses changent dans la condition des femmes. Les politiques libérales qui privatisent les services publics frappent en premier lieu les femmes, notamment pour tout ce qui touche les modes de garde des jeunes enfants.
Les violences faites aux femmes, le harcèlement au travail, c’est une dure réalité vécue par beaucoup de femmes.
La manifestation du 8 mars, à laquelle la LCR sera présente avec son porte-parole Olivier Besancenot (à Paris, 18h, Place du Montparnasse), réaffirmera la place centrale que doit occuper le mouvement autonome des femmes pour le droit à un vrai travail stable, l’égalité des droits dans tous les domaines, l’autonomie financière, la fin de toutes les oppressions.
Il n’y aura pas de société débarrassée de l’exploitation capitaliste sans la fin de l’oppression des femmes.

Le 7 mars 2006
par LCR
publié dans : DROITS DES FEMMES

Samedi 4 mars 2006

Droits des femmes
Une cause universelle

articles parus dans "ROUGE", hebdo de la LCR n°2148


Depuis quelques années, les mouvements féministes multiplient les actions internationales. Marche mondiale des femmes ou participation aux forums sociaux sont l’occasion d’échanges entre militantes de différents pays. Un processus qui peut revivifier le combat, au Nord comme au Sud.

Le 17 octobre 2005, la deuxième Marche mondiale des femmes se terminait avec une rencontre de femmes venues du monde entier à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. La charte de la Marche mondiale, élaborée en décembre 2004, lors des quatrièmes rencontres internationales de la Marche à Kigali, a été transmise à travers de nombreux pays. Elle est partie du Brésil en mars 2005, le relais européen ayant eu lieu les 28 et 29 mai à Marseille. Des femmes venues de toute l’Europe ainsi que de certains pays du Maghreb se sont retrouvées pour deux jours de débat et une importante manifestation.

Ces différentes initiatives témoignent de l’effort unitaire des mouvements féministes à travers le monde. Les réseaux féministes ont ainsi imposé que des moments importants soient réservés à leurs thématiques lors des forums sociaux. Ainsi, en 2003, le Forum social européen (FSE) de Saint-Denis a été précédé d’une journée baptisée l’Assemblée européenne pour les droits des femmes, qui avait rassemblé, à Bobigny, pas moins de 3000 personnes (des femmes en grande majorité, mais aussi quelques hommes). Le principe d’une telle assemblée s’est, depuis, affirmé (incluse ou précédant le FSE). Le prochain sommet d’Athènes devrait ainsi être ponctué d’un temps fort féministe. Par ailleurs, un espace femmes devrait être prévu.

Cette participation à un mouvement qui dépasse les frontières a permis, dans un certain nombre de pays, de revivifier le combat féministe en difficulté. Ainsi, en Amérique latine, les organisations des femmes s’étant abondamment investies dans la lutte contre les dictatures militaires, le retour à la démocratie a paradoxalement provoqué une crise en leur sein : elles ont été divisées entre partisanes et adversaires de l’institutionnalisation. En 2005, le lancement de la Marche mondiale a permis, notamment au Brésil, une redynamisation des organisations féministes.

Plus que jamais, il apparaît nécessaire de construire des réseaux à l’échelle internationale, mais aussi européenne. La LCR, par le biais de militantes, s’est investie dans ce processus, de même que des camarades d’autres sections de la IVe Internationale (italienne, grecque...). De tels réseaux ont permis l’émergence d’un appel féministe européen à dire « non » au traité constitutionnel européen. En France, le texte « Féministe pour une autre Europe » a introduit la dimension de genre dans les débats qui ont permis la victoire du « non ».

Lutte contre l’Église

Il faut dire que les femmes subissent de plein fouet les ravages provoqués par la construction de l’Europe libérale. La réduction des dépenses des États et la baisse des effectifs dans la fonction publique frappent particulièrement les femmes : les postes de fonctionnaires sont un important vivier d’emplois féminins qualifiés et les inégalités de traitement entre hommes et femmes y sont plus limitées que dans le privé. Ces politiques sont particulièrement catastrophiques dans les pays d’Europe orientale, déjà intégrés dans l’Union européenne ou en voie d’intégration. Le démantèlement des entreprises publiques des anciens pays de l’Est a entraîné une importante hausse du chômage féminin. Plus encore, les modifications économiques qui ont suivi la chute des régimes du bloc soviétique ont remis en cause la légitimité de l’emploi féminin. Ainsi, en 1990, lors d’une enquête sur l’emploi, plus de 50 % des Polonais interrogés (hommes et femmes confondus) se disaient d’accord avec l’énoncé suivant : « Lorsque les postes de travail sont rares, les hommes ont davantage de droit à l’emploi que les femmes. » En Pologne, malgré le développement de ce discours inégalitaire, de nombreuses femmes tentent de conserver une activité professionnelle. Un nombre significatif de femmes, qui ne parviennent pas à trouver un emploi salarié, créent leur entreprise. Mais cette indépendance n’est que fictive : elles travaillent pour la plupart pour des entreprises donneuses d’ordre et, n’étant pas salariées, elles ne bénéficient pas de protection sociale (assurance maladie). Les modifications économiques se combinent avec la prise de pouvoir de forces réactionnaires fortement influencées par l’Église catholique : l’avortement est redevenu illégal depuis 1992, et les femmes sont à nouveau assignées à leur rôle maternel.

Dégradation à l’Est

L’exemple bulgare est aussi révélateur : si le régime « communiste » ne s’était pas réellement attaqué à la répartition traditionnelle des rôles dans la société, une rhétorique de l’égalité entre hommes et femmes par le travail avait été développée. Les femmes avaient pu avoir accès à des postes diversifiés, notamment d’ingénieur, dans les grandes entreprises d’État. La fermeture de celles-ci a entraîné leur mise au chômage, et elles n’ont pu, pour la plupart, que retrouver des emplois précaires. Conséquence de cette évolution, alors que les taux d’activité des hommes et des femmes étaient quasiment égaux, celui des secondes est maintenant inférieur de dix à quinze points à celui des premiers. Construire un mouvement féministe en Europe orientale est une nécessité, mais les organisations qui luttent en ce sens se heurtent à de nombreuses difficultés. Leur participation aux rencontres internationales, notamment au niveau européen, leur permet de puiser de nouvelles forces.

Autre exemple de solidarité internationale féministe, les campagnes de lutte contre la traite prostitutionnelle, qui se déroulent à l’occasion de grands événements sportifs accompagnés d’une organisation de l’offre de prostitution. Ce fut le cas pour les Jeux olympiques d’Athènes, en 2004. C’est encore le cas, cette année, pour la Coupe du monde de football en Allemagne. Des campagnes d’interpellation des pouvoirs publics dans les pays organisateurs et des autorités sportives se conjuguent à l’information des jeunes femmes des pays d’Europe de l’Est, dont beaucoup de prostituées sont issues.

Nouvelles revendications

Mais si les exemples de jonction entre les organisations féministes, à l’échelle internationale, se multiplient, les difficultés ne manquent pourtant pas. Les pratiques militantes et les situations diffèrent d’un pays à l’autre : affirmer le droit à l’avortement va de soi pour les féministes issues des pays occidentaux, mais ce n’est pas le cas dans les pays africains, par exemple. Il est donc nécessaire de trouver des compromis. Ainsi, ce droit n’est pas mentionné explicitement parmi les objectifs de la charte, mais l’affirmation 4 précise : « Les femmes prennent librement les décisions qui concernent leur corps, leur sexualité et leur fécondité. Elles choisissent d’avoir ou non des enfants. » De la même manière, le droit à l’homosexualité n’y est pas explicitement affirmé, même si la charte affirme la nécessité de « lutter contre l’homophobie », les femmes devant avoir la possibilité de « vivre librement leur sexualité, de façon responsable, et de choisir la personne avec qui partager leur vie ». Porter un texte qui affirme explicitement ces deux thèmes s’avère compliqué notamment, dans des pays où la pression religieuse, reste très forte.

En revanche, ces rencontres voient aussi l’émergence de revendications - comme l’accès à la propriété des terres pour les femmes - qui ne sont pas des thèmes classiques du mouvement féministe occidental. Ces rencontres, si elles peuvent sembler parfois n’être l’occasion que d’avancées fort limitées, permettent de mieux cerner l’état des droits des femmes à l’échelle internationale.

Moïra Berthet

• De nombreux exemples contenus dans cet article ont été puisés dans l’ouvrage collectif L’Autonomie des femmes en question, antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe, l’Harmattan, « Bibliothèque féministe ».


Défendre le droit à l’avortement en Italie

 

Depuis le début 2006, d’importantes manifestations pour la défense de l’avortement rythment l’actualité italienne. Le 14 janvier dernier, à Milan et à Rome, deux manifestations défendaient le droit à l’avortement et réclamaient le Pacs. Une autre journée d’action a eu lieu le 11 février à Naples. La gauche italienne et les mouvements de femmes ont rassemblé, de nouveau, plusieurs dizaines de milliers de personnes venues de toute l’Italie. Un succès dans une Italie du Sud réputée plus traditionaliste. Une autre manifestation est prévue, fin mars, à Palerme, en Sicile.

Un encouragement après l’échec du référendum sur l’assouplissement de la loi sur la procréation médicalement assistée. En juin dernier, l’Église avait fait campagne pour le « non » et seulement 26% des Italiens s’étaient rendus aux urnes. Heureusement, cet échec a permis aux mouvements progressistes de se ressaisir. Cette mobilisation est rendue nécessaire par l’offensive contre le droit à l’avortement. En décembre 2005, le Parlement italien a ouvert une enquête sur l’application de la loi 194 qui, depuis 1978, légalise l’avortement. Le ministre de la Santé, Francesco Storace, a ainsi préconisé que les associations qui s’opposent au droit à l’avortement puissent participer aux consultations précédant l’avortement. Une perspective bien entendu inacceptable pour toutes les associations féministes. Le même Francesco Storace s’oppose aussi à l’utilisation de la pilule abortive dans les hôpitaux de la Péninsule.

Cette offensive anti-avortement fait écho aux prises de position répétées de l’Église catholique. Le nouveau pape, Benoît XVI, a réaffirmé la condamnation de l’avortement, l’assimilant à un homicide. Il a salué l’action du Mouvement pour la vie, la principale organisation italienne d’opposants à l’avortement. L’Église ne cesse de s’opposer aux droits des femmes à disposer de leur corps et tente de s’ingérer dans les affaires politiques italiennes. Mais elle se heurte à une résistance qui ne désarme pas.


La victoire des ouvrières d’Yves Rocher au Burkina Faso

 

Après quatre mois d’une lutte exemplaire, les 133 ouvrières de la Gacilienne, filiale d’Yves Rocher, ont fait plier le leader mondial des produits cosmétiques d’origine végétale. Un accord a été conclu le 19 janvier dernier.

Alors qu’au Nord, l’image d’Yves Rocher repose sur le « bien-être » procuré aux femmes par ses produits de beauté, au Burkina, l’entreprise impose à ses ouvrières, sous-payées, brimades et cadences infernales : des salaires en dessous du Smic local, une absence de congés maternité et l’irrespect des maigres protections sociales burkinabés... Les ouvrières de l’usine n’acceptent plus de se laisser faire et elles exigent salaires et conditions de travail dignes : elles adhèrent à la CGT-B et demandent l’appui de l’association de femmes burkinabé Kebayna. Elles contactent en France le groupe de femmes Égalité. Celui-ci interpelle l’entreprise sur le traitement indigne de ses ouvrières africaines. En août 2005, Yves Rocher répond en fermant l’usine, sans préavis ni indemnités.

Les Gacilienne restent alors unies et popularisent leur lutte. Partie de la base, la mobilisation rassemble rapidement une cinquantaine d’organisations féministes, syndicales, altermondialistes et de solidarité. Une campagne de pétition s’engage en direction des clientes. Son impact altère l’image de marque d’Yves Rocher et, à la veille du Forum social mondial (FSM) de Bamako, le groupe accepte enfin de véritables négociations. Les Gacilienne obtiennent le versement d’indemnités convenables. Leur victoire a une portée symbolique considérable, car elle résulte de la synergie entre, d’une part, les associations de femmes et la CGT-B - ancrées dans un puissant mouvement social - et, d’autre part, une solidarité internationale d’un type nouveau.

par LCR
publié dans : DROITS DES FEMMES

AGENDA

 Vendredi 10 octobre 2008
 à EVREUX

MEETING avec Olivier
Besancenot
organisé par
les Comités NPA de l'Eure
et la fédération de l'Eure de la LCR

20H
Grande salle du ZENITH- EVREUX
 

Samedi 8 et dimanche 9
novembre
 2008

Deuxième rencontre
 nationale
des Comités d'initiatives
pour le NPA
 Paris

 

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