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Jeudi 24 avril 2008
 Nouvelles manifestations lycéennes en province le jeudi 24 avril: plus de 10 000 dans la rue.

PARIS, 24 avril (Reuters) - Des lycéens ont à nouveau défilé dans plusieurs grandes villes de France jeudi contre les suppressions de postes d'enseignants prévues à la rentrée.

Selon la Fédération indépendante démocratique et lycéenne (FIDL), 4.500 personnes ont manifesté à Strasbourg, 2.500 à Rouen, 650 à Lille et 500 à Marseille. Aucun défilé n'était prévu à Paris où les lycéens sont en vacances.

Quelque 11.200 suppressions d'emplois sont prévues à l'Education nationale cette année, dont environ 8.800 postes d'enseignants du second degré (collèges et lycées).

Sur ces 8.800, environ 5.000 seront remplacés par des heures supplémentaires effectuées par d'autres professeurs.

Cinq fédérations de l'enseignement secondaire ont confirmé jeudi leur appel à la grève le 15 mai contre la politique budgétaire et éducative du gouvernement, à l'instar des trois principaux syndicats de professeurs des écoles.

"Dans l'Education nationale les mobilisations s'amplifient (...) Le budget 2008 qui sera appliqué à la prochaine rentrée est fortement contesté", écrivent les syndicats FERC-CGT, FSU, Sgen-CFDT, Unsa Education et Sud Education dans un communiqué.

Ils rappellent que ces mobilisations s'opposent aux 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée 2008 et qui "entraîneront des classes surchargées, rendant impossible le suivi individuel des élèves."

Pour les signataires, "ce budget de rigueur et les suppressions de postes qui en découlent auraient des conséquences néfastes sur la qualité du service public dans l'Education nationale."

Dix-huit organisations au total, dont les deux principaux syndicats de lycéens et l'Unef, veulent faire du 15 mai un temps fort de la contestation contre la politique éducative du gouvernement.

Dans le primaire, le SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le Sgen-CFDT avaient appelé à la grève dès mercredi, jugeant que le budget 2008 qui sera appliqué à la prochaine rentrée "ne permettra pas de faire face à la hausse démographique dans le premier degré".

L'ancien ministre socialiste de l'Education Jack Lang a écrit au président Nicolas Sarkozy pour lui demander de renoncer à ces suppressions de postes. "Soyez le président de l'avenir. Soyez le protecteur de l'école de la République et à ce titre, sanctuarisez son budget", demande-t-il.

Fin 2007, le ministère de l'Education comptait 1,065 million de fonctionnaires, dont environ 840.000 enseignants. Parmi eux, 415.000 enseignent dans le secondaire. Selon le ministère, le budget de l'Education a été multiplié par deux en 20 ans. En 2008, il est d'environ 59 milliards d'euros./JBV/GB

 


par LCR 27
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Mercredi 23 avril 2008

 

Lycées: La mobilisation se poursuit en province contre Darcos et ses projets de destruction de l'Education nationale.

Les comité de mobilisations lycéens, les syndicats UNL et FIDL ont appelé à de nouvelles manifestations dans les 12 académies sur 25 qui sont sorties de la période des vacances. Mardi 22 avril,  plusieurs milliers de lycéens ont manifesté pour dénoncer les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée de septembre 2008.

Aionsi les lycéens d'une dizaine d'académies de province ont pris le relais.

"Lycéens, en colère, y'en a marre de la galère", "A ceux qui veulent supprimer des postes, les jeunes répondent résistance". Ces slogans, entonnés les semaines précédentes dans les rues parisiennes sont désormais clamés au quatre coins de la France. Deux mille à Strasbourg, deux mille à Toulon, mille à Tours, au moins autant à Lille, selon les syndicats lycéens: les manifestants ne désarment pas et continuent de défiler contre les 11 200 suppressions de postes prévues dans l'Education nationale à la rentrée 2008.

"La province tente de prendre le relais du mouvement lycéen"


PARIS (AFP) 22/04/2008

 

Les lycéens ont tenté mardi avec un succès mitigé de poursuivre en province le mouvement engagé depuis quatre semaines en région parisienne contre les suppressions de postes, espérant de plus amples rassemblements jeudi, face à un ministre qui affiche sa fermeté.

Entre 1.500 et 2.000 à Strasbourg, entre 400 et 600 à Tours ou entre 400 et 500 à Lille: loin d'atteindre les chiffres parisiens (jusqu'à 20.000 le 15 avril), environ 4.000 lycéens selon un comptage effectué par les bureaux de l'AFP ont manifesté mardi.

Il s'agissait des seuls élèves de la zone B (Aix-Marseille, Amiens, Besançon, Dijon, Lille, Limoges, Nice, Orléans-Tours, Poitiers, Reims, Rouen, Strasbourg), rentrés lundi de vacances.

C'est "une mobilisation très encourageante pour la suite du mouvement (...), le travail d'information engagé auprès des lycéens démontre son efficacité avec la prise de conscience par les élèves des enjeux de la mobilisation", a estimé l'Union nationale lycéenne (UNL, majoritaire), dans un communiqué. 

Assurant que "des dizaines d'assemblées générales" s'étaient tenues lundi et mardi, elle a appelé à de nouvelles manifestations jeudi.

"Le gouvernement ne peut pas se permettre de rester obstinément sourd à des revendications légitimes", c'est-à-dire le maintien des 8.830 suppressions de postes, en majorité d'enseignants, prévues à la rentrée dans les collèges et lycées publics, a poursuivi l'UNL.

Fin de non recevoir immédiate du ministre de l'Education, Xavier Darcos, qui a réitéré mardi à l'issue d'une réunion avec les recteurs d'académie à Matignon un argumentaire semblable à celui de la semaine dernière.

"Ces troubles restent modestes", a-t-il estimé, s'agaçant que la France soit "le seul pays au monde où les lycéens font grève tous les 15 mois en répétant des slogans fort surannés que les syndicats nous répètent depuis 30 ans".

 "Lorsqu'on rencontre des lycéens responsables et des associations de lycéens, y compris d'ailleurs ceux qui organisent des protestations, on peut enfin parler des vrais sujets", a-t-il ajouté.

Son entourage n'a pas pu confirmer mardi une nouvelle rencontre cette semaine avec les deux syndicats lycéens UNL et Fidl, comme il était prévu vendredi.

"Préparez les caisses du chômage, nous arrivons", scandaient les manifestants à Tours, tandis qu'à Rouen, ils étaient entre 220 et 350 lycéens à crier: "pas 40, pas 30, 20 par classe".

L'ancien ministre de l'Education Jack Lang (PS) a dénoncé de son côté "la désinvolture incompréhensible" de M. Darcos, affirmant "redouter que l'appartenance" de ce dernier "au gouvernement lui fasse perdre la lucidité et le bon sens" nécessaires pour analyser le mouvement.

Alors que la région parisienne, en pointe jusqu'ici, entame sa première semaine de vacances, une intersyndicale très large (principales fédérations enseignantes, parents d'élèves FCPE, syndicats lycéens et étudiants et associations) a déjà appelé à la mobilisation jeudi 15 mai, puis samedi 24 mai.

La FSU et ses syndicats organisent de leur côté une manifestation nationale dimanche 18 mai.

Traduisant peut-être les angoisses des lycéens actuellement dans la rue, un sondage publié mercredi dans Phosphore montre qu'ils estiment, dans leur immense majorité (83%), que le lycée sert d'abord à "réussir ses examens", bien avant d'être un lieu où "développer sa personnalité" (50%) ou celui permettant d'acquérir une "bonne image de soi" (25,3%).


L'Alsace, Edition du 23/04/08

  

Les lycéens de Strasbourg se mobilisent pour garder leurs profs

1 500 à 2000 lycéens ont manifesté hier dans les rues de Strasbourg, pour protester contre la politique de suppression des postes d'enseignants du gouvernement.

 

Après les manifestations parisiennes des jours derniers, les lycéens de la zone B ont pris le relais, dès les vacances de printemps terminées. Une première mobilisation réussie pour l'Union nationale des lycéens (UNL), largement majoritaire à la manifestation strasbourgeoise, et pour la Fédération indépendante et démocratique lycéenne.

« On ne peut pas faire d'économies sur l'éducation »

Cette forte mobilisation pourrait indiquer, contrairement à ce qu'espérait le gouvernement, que le mouvement ne va pas s'essouffler, alors même que les lycéens parisiens sont à leur tour en vacances pour deux semaines.
Les revendications sont les mêmes depuis le début du mouvement : une opposition à ce que les lycéens appellent la « casse » de l'éducation. « C'est un enjeu d'avenir, explique Aurélien, scolarisé en 2de au lycée des Pontonniers. On ne peut pas faire d'économies sur l'éducation ». Militant à l'UNL, il dément que les lycéens soient manipulés par leurs professeurs. « L'UNL a un projet et des propositions précises, via un texte renouvelé tous les deux ans. C'est réfléchi et organisé ».
La manifestation s'est déroulée dans le calme et la bonne humeur, à un rythme rapide, dans une ambiance parfois chahuteuse au passage d'une rame de tram qui a servi de tam-tam à des dizaines de mains pour accompagner et scander les slogans. Quelques pancartes fleuraient l'amateurisme : carton brun avec des inscriptions illisibles à 10 mètres et parfois totalement surréalistes comme ce placard affirmant « Non aux OGM et à la tektonik » ou d'autres plus radicales comme ce « Darcos et Sarko, démission ». Quelques vélos qui se trouvaient sur le chemin de la manifestation ont un peu souffert du passage de quelques jeunes vandales.
La manifestation s'est dispersée dans le calme, vers 15 h 15 à l'Esplanade.

G.D-A.

MANIFESTATION DES LYCEENS A PARIS LE MARDI 15 AVRIL 2008


par LCR 27
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Mardi 22 avril 2008

Xavier Darcos accueilli en Alsace par deux cents lycéens en colère

lundi 21 avril 2008 18h37 (Reuters)

Alors que les vacances ont débuté en Ile-de-France où se cantonnait jusqu'à présent l'essentiel de la mobilisation contre les suppressions de postes dans l'Education nationale, une centaine de lycéens ont manifesté lundi à Molsheim dans le Bas-Rhin à l'occasion de la venue de Xavier Darcos. Le ministre de l'Education a lui choisi de rencontrer l'équipe pédagogique pour discuter officiellement de la réforme des lycées.
Ils étaient 100 selon la police, 200 lycéens selon les organisateurs lundi devant le lycée de Molsheim dans le Bas-Rhin pour protester contre les suppressions de postes prévues dans l'Education nationale à la rentrée prochaine. Les ignorant, le ministre Xavier Darcos est entré dans l'établissement pour y rencontrer l'équipe pédagogique ainsi qu'une délégation de 14 lycéens élus au conseil académique de la vie lycéenne qu'il a qualifiés de "vrais représentants des vrais lycéens".
par LCR 27
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Dimanche 20 avril 2008

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE LYCEENNE DE PARIS DU SAMEDI 19 AVRIL 2008

Mardi 15 et Jeudi 17 avril, des dizaines de milliers de lycéens et de profs manifestaient à Paris et des milliers dans des villes de province. Une nouvelle fois nous avons été encore plus nombreux que les manifs précédentes et le mouvement contre la casse de l'Education Nationale prend réellement de l'ampleur. Darcos refuse de céder pour l'instant, il faut donc amplifier la mobilisation et continuer à massifier les manifestations.


L'auto-organisation des lycéens en Assemblée Générale, comme c'est déjà le cas dans de très nombreux lycées, est le seul moyen pour toucher le plus d'élèves possible sur chaque établissement mobilisé. Mais se réunir en AG permet surtout d'organiser la mobilisation sur son lycée, de débattre autour des revendications, de préparer les manifs, et surtout de discuter des suites à donner au mouvement.

Aujourd'hui il est urgent que nous, lycéens représentants de 30 lycées sur l'île de France, et de plusieurs lycées de provinces (dont notamment des lycées de Toulouse, de Lyon, d'Amiens ...) la France, défendions les revendications suivantes :

Rétablissement des postes supprimés et transformation des heures supplémentaires en heures postes ; pas plus de 25 élèves par classe ; maintien du BEP et de la carte scolaire ; rétablissement des filières, options et classes supprimés ; embauche des personnels nécessaires au bon fonctionnement d'une éducation de qualité ; régularisation des élèves sans-papiers ; non application du rapport Pochard.

La liste est longue, au même titre que la liste des attaques gouvernementales contre le service public d'éducation et contre les droits des lycéens. Toute cette politique a des conséquences sur les professeurs mais aussi sur nos conditions d'étude et d'enseignement : Des classes surchargées, des heures de demi groupes en moins, des options et langues de plus en plus rares, parfois des filières et des classes fermées, comme cela a été annoncé dans de nombreux lycées.

Pour les profs : recours accru aux heures supplémentaires, plus de difficultés pour faire cours dans des classes toujours plus surchargées, moins de temps pour préparer les cours et corriger les copies. Beaucoup d'entre eux vont devoir partager leur travail entre plusieurs lycées ou enseigner plusieurs matières…

De plus, et face à la représsion très forte qui tente de mettre fin au mouvement, la coordination nationale lycéenne demande l'arrêt des poursuites judiciaires contre tous les lycéens interpellés lors des manifestations ou devant leur lycée. Nous demandons également l'arrêt de toutes les sanctions administratives dans chaque établissement contre les lycéens mobilisés.

C'est l'ensemble des jeunes et des personnels enseignants et non-enseignants qui sont attaqués par les réformes du gouvernement.

Pour celà, nous devons répliquer par un mouvement de grève massif dans l'ensemble de l'Education Nationale. Ce mouvement serait le premier pas vers un mouvement de tous les jeunes et de tous les salariés qui pourrait faire plier le gouvernement Sarkozy sourd aux protestations isolées.

C'est pour cette raison que nous invitons tous les lycéens mobilisés à s'organiser et à lutter aux côtés leurs profs et des parents d'élèves. Les manifestations doivent continuer et se multiplier car elles permettent de populariser le mouvement et de l'étendre en encourageant plus de lycéens, de profs et de parents d'élèves à y participer.

Pour toute ces raisons, nous appelons tous les lycéens en lutte à participer à la prochaine Coordination nationale lycéenne, le samedi 3 mai en région parisienne.

Nous appelons tous les lycéens à manifester massivement dans toute la France le mardi 29 avril prochain et à rejoindre les travailleurs lors des manifs du 1er mai.

Mais surtout, la Coordination appelle à faire du MARDI 6 MAI une journée de grève et de manifestation nationale. De plus, elle invite également les lycéens à bloquer leurs lycées ce jour là partout où c'est possible afin d'envoyer un signal fort au gouvernement.


TOUS ENSEMBLE, FAISONS RECULER LE GOUVERNEMENT !

par LCR 27
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Samedi 19 avril 2008

Les revendications salariales se multiplient.

LE MONDE | 19.02.08

Depuis plusieurs mois, les conflits sociaux liés au pouvoir d’achat s’enchaînent à une cadence soutenue dans le secteur privé. Après les salariés d’un hypermarché Carrefour à Marseille, qui ont fait grève durant seize jours, les personnels de L’Oréal France ont pris le relais, lundi 18 février. Débrayages de quelques heures, rassemblement devant le siège à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine)... La CFDT, la CGT, FO, la CGC et la CFTC avaient invité les collaborateurs du groupe de produits cosmétiques à cesser le travail pour réclamer un "rattrapage" de 9 % "dès cette année" et le rétablissement des augmentations générales de salaires - qui avaient été supprimées en 2004 au profit de hausses individuelles. Il faut remonter à la mise en place des 35 heures, au début des années 2000, pour constater une telle effervescence chez L’Oréal.

Des mouvements similaires se sont produits fin 2007, par exemple à Air France ou chez Conforama - pour ne citer que les plus médiatisés. Mais la contestation semble s’amplifier et affecter des entreprises où la grève était une pratique quasi inconnue. Ainsi, les salariés des groupes de presse Moniteur puis Prisma viennent d’obtenir une augmentation après des arrêts de travail. Autre fait remarquable : la forte mobilisation des personnels de la grande distribution, le 1er février, lors d’une journée nationale d’action organisée par trois syndicats - initiative sans précédent.

Les revendications salariales sont-elles devenues plus pressantes ? Difficile de l’affirmer avec certitude. Les statistiques les plus récentes, compilées par la direction des relations du travail (DRT), portent sur les journées de grève en 2005 : elles s’élevaient, cette année-là, à environ 224 000 dans le secteur privé (abstraction faite du monde agricole et des transports), soit une hausse de 16 % par rapport à 2004. "Parmi l’ensemble des revendications recensées, 41 % ont porté sur les salaires", précise l’étude de la DRT, contre 37 % en 2003.

Si le climat se tend davantage à propos de la fiche de paye, il faut d’abord rappeler que la période actuelle s’y prête. Depuis quelques jours, les entreprises publient leurs résultats pour l’année 2007. Celles qui affichent des bénéfices confortables sont susceptibles d’être interpellées par des salariés désireux d’obtenir "une part de gâteau" plus grande.

"FAIRE PLUS AVEC MOINS"

Mais le calendrier n’explique pas tout. Certains groupes en bonne santé financière ont été confrontés à des conflits très durs, alors même que leur politique sociale paraissait correcte. Ainsi, en octobre 2007, les stewards et les hôtesses d’Air France ont fait grève pendant cinq jours bien que 80 % d’entre eux aient vu leur salaire augmenter de 16,6 % en moyenne entre 2003 et 2006, d’après la direction. Leur mécontentement se nourrissait d’une lassitude consécutive aux efforts qu’ils estimaient avoir consentis depuis une décennie pour contribuer au redressement de l’entreprise.

"De nombreux salariés ont le sentiment de s’investir plus fortement qu’avant dans leur travail, de faire plus ou mieux avec moins", observe Jean-Marc Le Gall, directeur d’étude à Entreprise & Personnel, une association qui regroupe des directeurs des ressources humaines des grands groupes. Si la rémunération ne récompense pas ces sacrifices, l’"idée d’un déséquilibre" peut très vite émerger.

Lorsque des grèves sont lancées au nom du pouvoir d’achat, "d’autres motifs, tels que la pénibilité, les conditions de travail, se cachent souvent derrière, complète Jean-Michel Denis, chercheur au Centre d’études de l’emploi. Cela ne veut pas dire que l’on n’assiste pas à une montée des revendications salariales". Pour lui, la floraison des conflits liés aux rémunérations a pu être "facilitée" par la rhétorique de Nicolas Sarkozy sur le thème du "gagner plus".

Enfin, les ménages situés en bas de l’échelle des revenus sont particulièrement sensibles à leur fiche de paye, car une part substantielle de leurs ressources est consacrée à des "dépenses contraintes" (logement, etc.) dont le prix a explosé ces dernières années. En 2006, elles représentaient 75 % du budget des plus modestes, selon l’Insee, contre un peu plus de la moitié en 2001.

Dans ce contexte, des salariés n’hésitent plus à déclencher spontanément des arrêts de travail, quitte à court-circuiter les syndicats, comme cela s’est produit, en décembre 2007, dans un site de Darty à Mitry-Mory (Seine-et-Marne). Délégué syndical central CFDT chez L’Oréal, Jean-François d’André raconte que les organisations syndicales ont été "débordées par la base" sur certains sites, tant "le mécontentement et le sentiment d’injustice" étaient forts.

Bertrand Bissuel

Les grèves peuvent-elles provoquer un nouveau mai 68 ?  (Marianne 2)

Grèves, conflits, mobilisations, les mouvements sociaux se multiplient. Sont-ils plus importants qu'avant ? Pourraient-ils se généraliser ? Ou s'agit-il d'un effet de loupe médiatique ? Erik Neveu, sociologue, décrypte cette situation « explosive ».

 

Grève des taxis, mobilisation des caissières, conflits chez Carrefour, Arcelor, Michelin, L'Oréal, à l'Imprimerie nationale et même chez les apiculteurs… Les mouvements sociaux se multiplient, débordant parfois les syndicats. Entre crise du pouvoir d'achat et crise de légitimité d'un pouvoir en chute libre dans les sondages, est-on à la veille d'un embrasement plus général ? Erik Neveu, sociologue, politologue et auteur de Sociologie des mouvements sociaux (La Découverte, 2004), analyse ce moment particulier. Et ses limites.

L'actualité met en avant un grand nombre de conflits dans des entreprises privées. Est-ce qu'il y en a effectivement plus que d'habitude ?


Erik Neveu : Il y a en ce moment quelque chose de l'ordre du frémissement, de l'ébullition. Mais il faut garder à l'esprit qu'un grand nombre de mouvements sociaux ne remontent pas jusqu'aux antennes des médias nationaux. Aujourd'hui, par exemple, à Rennes, on a vu les éleveurs de porc défiler et bloquer la ville : personne n'en a parlé. Si l'actualité se focalise sur certains mouvements ces jours-ci, c'est sans doute parce qu'en l'absence d'une opposition crédible dans le monde politique, ils apparaissent comme l'incarnation du dissensus vis à vis du chef de l'Etat. Le fait que la presse soit en crise joue peut-être aussi un rôle, même si ce n'est pas décisif. Dès lors que les salariés de grands quotidiens ou de grandes chaînes de télé se mettent à faire grève, ce mode d'expression n'est plus tabou.



On a vu les salariés de Michelin séquestrer des cadres. Ceux de L'Oréal débordent les syndicats… Y a-t-il une radicalisation des formes d'action ?


Erik Neveu : Les séquestrations, c'est une forme d'action qu'on a surtout vu dans les années 70. Mais, régulièrement, en situation désespérée, on voit des ouvriers menacer d'entreprendre des actions violentes. En 2000, par exemple, les ouvriers de l'usine Cellatex des Ardennes ont envisagé de déverser des produits toxiques dans les cours d'eau. D'autres, comme les salariés d'une usine Moulinex dans le Calvados, ont menacé de faire exploser des matières inflammables. Ce n'est pas banal, mais ça arrive de façon répétée lors de séquences exceptionnelles de grèves ou de conflits liés un sentiment de rage ou d'impuissance. Que peut-on faire face aux délocalisations dans une monde où la figure ouvrière est dévalorisée et où la force syndicale n'est pas colossale…

 ?

Une des mobilisations marquantes en ce début d'année a été le mouvement des taxis…


Erik Neveu : Oui, son efficacité m'a beaucoup surpris. Le pouvoir a capitulé après 48 heures de mobilisation (deux mercredi, étalés sur deux semaines, ndlr) et le Président est même allé à Canossa à la gare Montparnasse pour rassurer les chauffeurs. Le gouvernement a dû s'excuser publiquement pour avoir seulement eu l'idée de changer les règles du jeu… Cela tient, je pense, au pouvoir de nuisance incroyable de cette profession. Ce genre de mouvement est très dangereux car il peut être l'étincelle qui met le feu à d'autres matériaux explosifs. S'il se prolonge, il peut être facteur de blocage, voire de chômage pour d'autres professions.

Vous parlez de « matériaux explosifs » : croyez-vous à un embrasement des mouvements sociaux ?
Erik Neveu : Il y a une accumulation des motifs objectifs de mécontentement, et d'un point de vue subjectif du sentiment d'injustice. Il ne s'agit pas seulement de la dégringolade de Nicolas Sarkozy dans les sondages, mais bien plus de la déception des catégories populaires et des classes moyennes, attentives à un engagement précis sur les salaires. Le candidat Sarkozy a multiplié les signes envers les ouvriers durant sa campagne, c'est d'ailleurs le seul présidentiable à avoir employé ce terme. Mais de nombreux groupes sociaux ont le sentiment d'une paupérisation : des salaires qui stagnent, la hausse des prix du carburant ou de l'immobilier, une précarisation rampante, etc. Personne ne songe d'ailleurs plus à le nier. On voit même les discours patronaux changer. Lors des conflits dans la grande distribution, les patrons eux-mêmes se sentent obligés de reconnaître la condition très difficile des caissières. Et des signes concrets s'accumulent, comme les pertes effarantes de la Société générale, qui illustrent dans les esprits la supériorité des revenus du capital sur ceux du travail. Mao disait « quand la plaine est sèche, il suffit d'une étincelle pour qu'elle s'embrase… »



Alors ? La « plaine » est-elle « sèche » ?


Erik Neveu : C'est un peu plus compliqué que ça. J'ai récemment analysé les résultats d'une enquête (LCI/Manpower). A la question « si un mouvement social se déclenchait, y participeriez-vous ? », deux tiers des salariés interrogés répondent « oui ». Mais à la question suivante, « Pensez-vous qu'un tel mouvement est susceptible de se déclencher ? », ils sont 80%... à répondre « non ». En fait, la plaine est sèche, mais elle manque d'herbe. Les mouvements sociaux manquent d'élément fédérateur. Les organisations syndicales sont faibles et il n'y a personne pour incarner la contestation. D'autre part, et c'est peut-être même plus important, il n'existe plus de lexique actuel de la revendication. L'ancien vocabulaire issu des marxismes – « grève », « patrons », classes sociales », « travailleurs », « ouvriers », etc. – est tombé en désuétude, mais rien n'est venu le remplacer. Les mouvements sociaux connaissent une crise de leurs formes d'expression, de verbalisation. Je ne suis pas prophète et je ne me sens pas propre à faire des prédictions, mais, non, je ne crois pas à un embrasement.

 

Jeudi 21 Février 2008

Anna Borrel

par LCR 27
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AGENDA

Jeudi 15 mai 2008

Journée nationale de grève et de manifestations
dans la Fonction publique
 (Etat - hospitalière - territoriale)
contre les suppressions de postes
contre le démantèlement
des services publics
préparant la privatisation

à l'appel des fédérations syndicales


Dimanche 18  mai 2008  

 Manifestation nationale à Paris
13H30 à l'Opéra
contre les 11200 suppressions de postes
pour la défense du service public d'Education
menacé de démantèlement
A l'appel de la FSU
Des départs en cars sont organisés dans l'Eure
Voir le site du SNUipp-27 



Jeudi 22  mai 2008   

Journée nationale
de manifestations
et de grève
interprofessionnel
pour défendre les retraites
à l'appel de CGT-FSU-SOLIDAIRE


Samedi 24  mai 2008  
Journée de manifestations
départementales
pour défendre et développer
le service public d'Education
à l'appel de nombreuses associations
laïques, pédagogiques et des syndicats


 


  Vendredi  30 mai 2008

 Meeting international le 30 mai à Paris
à 20h salle de la Mutualité à Paris,

1968, MAI, 2008....

avec Olivier Besancenot, Myriam Martin,
 Francisco Louça, Flavia d’Angeli...



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